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Conférence du Professeur Pascal Kapagama de l’Unikin

INSTITUT SUPERIEUR DE COMMERCE

Le Professeur Pascal Kapagama de l’Université de Kinshasa a tenu, le 12 mai 2015, une conférence dans la grande salle de l’ISC-Matadi sur le thème : « Crise de l’Université congolaise et nécessité de réformer : quid de la réforme au système à trois sycles (LMD) ? ».

Il a commencé sa conférence par le rappel de la création de l’Université Congolaise  et des réformes qu’elle a connues.

Le clou du message est que l’enseignement supérieur congolais peine à s’arrimer aux standards internationaux de l’excellence pouvant faciliter la mobilité et l’intégration de leurs étudiants dans d’autres systèmes universitaires.

Il a évoqué, à titre d’exemple, la difficulté actuelle de s’arrimer au processus de Bologne, dont l’esprit d’ouverture à enseigner autrement, à évaluer autrement et à apprendre autrement serait de grande utilité pour notre pays. Il a proposé BMD (Baccalauréat-Master-Doctorat) en lieu et place de LMD (Licence-Master-Doctorat), pour éviter la confusion avec la Licence actuelle.

Il a attiré l’attention de l’assistance sur le fait qu’il faut éviter l’esprit de mode. Le fait d’introduire le terme LMD ne résout pas automatiquement la crise multidimensionnelle de l’ESU congolais.

Auparavant, l’orateur a évoqué les résultats de l’enquête de 2009 à 2011 faite par le Ministre Mashako sur la viabilité des établissements. Selon cette enquête, il y avait peu d’établissements viables, 172/808, soit 21%. Les non viables étaient 284/808, soit 35%, et  les intermédiaires, 352/808, soit 43%.

Cela démontre que l’ESU est tombé bas. Des indicateurs confirment cette affirmation, notamment l’existence des établissements sans infrastructures, ni propres professeurs, la présence prépondérante d’un personnel académique et scientifique non enseignant, l’absence de laboratoires, de bibliothèques et d’ateliers, etc.

Au sujet des défis et enjeux de l’arrimage au système à trois cycles, l’orateur a précisé que le Processus de Bologne d’où est issu le LMD, permet une adaptation aux standards internationaux.

A cet effet, il ne s’agit nullement d’une uniformisation de système. Mais il est question de permettre une lisibilité et une harmonisation des grades au niveau international. Il faudrait donc s’y adapter à cause de la mondialisation pour en tirer tous les avantages possibles pour notre système d’enseignement supérieur.

L’objectif de la réforme à trois cycles (LMD), selon l’orateur, c’est d’arriver à agir autrement pour favoriser au maximum la réussite des étudiants. Comme dit plus haut, il faudrait amener les enseignants à enseigner et évaluer autrement, l’étudiant à étudier autrement, pour qu’il devienne un apprenant actif et autonome.

L’enseignant, dans ce cas, accompagnerait l’étudiant pour faciliter son orientation, assurer la cohérence pédagogique de son parcours, favoriser la réussite de son projet de formation. L’enseignant serait donc un conseiller académique.

Tout cela suppose la mise à disposition des ressources, notamment pédagogiques : bibliothèque, cyber et autres moyens d’auto-formation. On voit bien que c’est une invitation pressante à gérer autrement. On devra procéder à une réorganisation de la gestion et de l’administration universitaire.

Si le système LMD est bien appliqué et adapté, il est susceptible d’entraîner une véritable rénovation en profondeur de toute la vie universitaire, en amenant l’université à devenir un véritable levier de développement national.

L’orateur a poursuivi en donnant les deux grands axes du LMD (BMD), à savoir la semestrialisation et la capitalisation :

1) Il est prévu 6 semestres pour  la Licence (Baccalauréat), 4 pour le Master et 6 pour le Doctorat ;

2) La capitalisation fait que les contenus soient découpés en Unités  d’Enseignement, que l’étudiant acquiert et      capitalise par une validation définitive.

Parlant des défis et enjeux de la réforme au système à trois cycles en RDC, l’orateur a invité l’Université congolaise aux exigences du contexte universitaire et scientifique international, que sont la compétitivité, l’utilitarisme, la compréhension des nouvelles formes d’intelligibilité, la performance d’adaptation aux nouvelles modalités de transmission des connaissances, l’internationalisation (réseaux et partenariats).

Cela entraine naturellement une réforme des programmes, avec la  perspective des filières plus pointues, pour la spécialisation ou la professionnalisation, avec limitation des matières.

Il y a d’autres exigences, dont la requalification des resources bibliographiques, des structures administratives et du personnel administratif, la dépolitisation des universités, le changement des structures organisationnelles des universités, la disparition de certaines directions au profit des nouvelles structures, la soumission à une Agence d’Assurance Qualité (AQ), la maitrise des NTIC et de l’informatique, l’avènement progressif d’une culture de la lecture, la gestion informatisée du cursus des étudiants et de toutes les opérations académiques, la multiplicité des filières des cours, la professionnalisation des filières, l’enseignement et l’évaluation des cours dans les délais, l’évaluation des professeurs par les étudiants, la suppression progressive de la carrière d’Assistanat, mais pas de l’activité, la budgétisation des projets en tenant compte des frais dits indirects, l’organisation de l’interface Universités Monde des entreprises.

Avant de terminer, l’orateur a proposé quelques recommandations :

  1. Pour la RD Congo :
  2. la constitution d’une équipe interdisciplinaire d’experts, 2. l’organisation des consultations auprès des différents acteurs, par des ateliers thématiques animés par des experts, 3. la constitution d’un dictionnaire des termes clés pour la sensibilisation, 4. l’élaboration d’un programme triennal de déploiement progressif du LMD (BMD) dans certaines filières pilotes et certaines universités pilotes, aussi bien privées que publiques.
  3. Pour l’ISC/Matadi :
  4. l’organisation des ateliers approfondis avec toutes les parties prenantes, 2. le choix d’activités de démarrage du processus (démarche consensuelle) et 3. la programmation de la réalisation des activités (chronogramme : déterminer le délai 2-3 ans ?).

Dans sa conclusion, l’orateur a affirmé que le processus de Bologne ou l’arrimage au système à trois cycles (LMD/BMD) et l’Assurance Qualité, étaient une question de partenariat.

Ainsi, il faudrait nécessairement un engagement ferme à ce processus par l’université congolaise pour sa réussite.

On doit donc dépasser le simple discours politique et s’investir conséquemment, en assumant le coût d’une telle réforme. Il faudrait aussi multiplier les séances de réflexion et des ateliers d’appropriation.

 

 

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